Qu’est-ce que l’hypnose ?
L’hypnose selon Weitzenhoffer et Érickson, est un état de conscience modifié où il existe une relation entre deux personnes, le suggérant et le suggéré. Il apparaît une hypersuggestibilité, une certaine gestion étant cédée au suggérant (et manifestation d’actions idéo-dynamiques (actions réflexes) où les idées induisent des manifestation sensori-motrices sans médiation du cortex supérieur critique (le conscient). Cet état mental, l’individu peut subjectivement le reconnaître comme étant différent de son niveau de conscience habituel, éveillé normal.
Qu’est-ce que l’état d’hypnose selon BMA*?
“L’hypnose est un état passager d’attention modifiée chez le sujet, état qui peut être produit par une autre personne et dans lequel divers phénomènes peuvent apparaître spontanément ou en réponse à des stimulis verbaux ou autres. “* Ces phénomènes comprennent un changement dans la conscience et de la mémoire, une susceptibilité accrue à la suggestion et l’apparition chez le sujet de réponses et d’idées qui ne lui sont pas familières dans son état d’esprit habituel. En outre, des phénomènes comme l’anesthésie, la paralysie, la catalepsie et des modifications vasomotrices sont produits ou supprimés.
* British Medical Association
Est-ce que l’hypnose est un sommeil ?
Des études scientifiques ont établi que l’agent chimique du sommeil est la sérotonine, substance secrétée par le cerveau. Suivant la trace de cette substance, les chercheurs ont découvert le centre du sommeil là où les neurones sont très riches en sérotonine, notamment dans le raphé. Le centre du rêve se situe au niveau de la formation réticulée pontique (petite boule de la taille d’un pois). Dans toutes les autres phases du sommeil, l’organisme demeure présent, plus ou moins réceptif au bruit. Dans la phase de rêve, tout se passe comme si le cerveau était normalement coupé du corps. On peut constater que l’hypnose ne s’apparente ni au rêve ni au sommeil naturel. L’hypnose ne comporte pas ce sommeil paradoxal propre au rêve. Le sujet n’accuse aucune perte soudaine de tonus. Il peut bouger en expliquant ce qu’il perçoit. La circulation cérébrale en état d’hypnose est identique à la circulation à l’état de veille. Les électro-encéphalogrammes pris pendant le sommeil montrent une prédominance d’ondes lentes associées à d’autres de fréquences variées et pendant l’hypnose des ondes correspondant à l’état mental suggéré au sujet.
Vous avez peur de l’hypnose ?
Certaines personnes croient à tort qu’elles perdront conscience si elles se laissent hypnotiser et risquent ainsi de se faire manipuler à leur insu. En fait, il n’en est rien. L’état d’hypnose thérapeutique est similaire à une relaxation profonde, que nous expérimentons tous les jours lorsque nous passons de l’état de veille au sommeil et vice versa. Juste avant de dormir, nous pouvons éprouver une grande léthargie physique, laquelle est associée à une diminution de l’activité électrique du cerveau et une plus grande ouverture du subconscient. Il nous est possible d’entendre notre enfant pleurer par exemple, alors que nous n’entendons déjà plus les voitures qui passent dans la rue. De façon similaire, la personne hypnotisée entend la voix du thérapeute qui la guide à l’aide de suggestions, sans toutefois être dérangée par les bruits environnants. À tout moment, si elle le décide, elle peut sortir de cet état et se souvenir sans problème de ce qui s’est passé. S’il lui arrivait de s’endormir, elle se réveillerait d’elle- même sans difficulté lorsque sa sieste serait terminée.
Tout le monde est-il hypnotisable ?
Tout dépend du degré d’hypnose souhaité. S’il s’agit d’un degré de décontraction ou d’aide pour entrer dans l’inconscient, tout le monde est hypnotisable, s’il y consent. La perte de conscience complète est rare et indique un sujet prédisposé. Personne ne peut dire si elle a la moindre utilité pour le sujet.
Malaises psychosomatiques?
Des quantités d’études ont démontré une interaction absolue entre l’inconscient et le corps. Si l’un souffre, l’autre éprouvera de sérieux malaises manifestés sous forme de signes pénibles à supporter que l’on nomme maladies ou symptômes psychosomatiques tel que: angoisse agressivité baisse de libido diminution ou augmentation exagérée de l’appétit incapacité à ressentir du plaisir insomnie migraine manque d’intérêt peur problème de concentration ulcères d’estomac Ce sont là autant d’indices émis par le corps pour signifier un profond malaise de l’inconscient. Ne pas prêter attention à ces premiers signes d’alarme engendre automatiquement la maladie, qui peut être grave.
L’hypnose peut-elle aider l’enfant?
Oui. L’hypnose vient ajouter des ancrages ainsi que des messages bien spécifiques au niveau de l’inconscient de l’enfant (ceci aura comme fonction d’accélérer l’ouverture de sa conscience et ainsi le diriger vers un mieux-être, par exemple : un suivi personnalisé pour tout problème d’ordre comportemental relié au vécu scolaire et/ou familial, une approche globale douce et directive envers l’enfant, mieux comprendre et définir les motivations inconscientes dans le comportement de l’enfant, cerner les influences familiales et sociales) : Agressivité Atténuer les troubles de comportement Concentration Énurésie Hyperactivité Manque de confiance en soi Phobies
Quelques études cliniques.
1978 – À Londres, Angleterre, un groupe de grands brûlés participèrent à une expérience médicale qui s’avéra plus concluante au niveau analgésique que les traitements classiques. 1978 – Université de Tasmanie (Australie) 75 fumeurs essayèrent l’hypnose pour se débarrasser du problème. 45 patients abandonnèrent le tabac et 6 mois plus tard 35 n’avaient toujours pas repris. 1985 – États-Unis, en dentisterie, 23 patients souffrant de douleurs musculaires reliées à la chirurgie furent mis sous hypnose. 12 notèrent un disparition complète des symptômes et dix notèrent une diminution sensible. Des tests de contrôle 10 mois plus tard attestèrent de la durabilité du traitement. 1985 – L’Hôpital du Berkshire (G.B.) permit d’étudier l’hypnose sur des acouphènes. 1 sur 14 vit une baisse des sons. 6 patients firent état d’une nette amélioration. 1992 – États-Unis, 41 patients soignés pour des verrues. 80% furent guéris par des suggestions sous hypnose. Ce fut une réussite complète pour les enfants d’âge prépubère. 33 patients connurent une rémission complète et durable.